Communiqué

Communiqué du 08-12-2019

Passage en revue de l’année écoulée au ministère de la Sécurité et de l’Intérieur

8 décembre 2019


 

Le dimanche 9 décembre 2018, Pieter De Crem devient Ministre de la Sécurité et de l’Intérieur au sein du gouvernement fédéral. Depuis lors, il s’engage à assurer la sécurité de notre pays, une priorité absolue du gouvernement fédéral. Aujourd’hui, un an plus tard, nous faisons le bilan de l’année écoulée sur base des principales priorités que le Ministre De Crem a définies depuis lors.

 

Approche transfrontalière et rigoureuse de la criminalité et du terrorisme

 

La situation stratégique unique de notre pays en fait une véritable porte d’entrée vers l’Europe pour le transport de biens et de personnes. Cette localisation unique en son genre pose néanmoins aussi d’importants défis en matière de sécurité, tels que le trafic de drogues, la traite et le trafic d’êtres humains ou encore la transmigration. Une affectation continue de ressources matérielles et humaines s’impose pour relever efficacement ces différents défis.

 

Le (l’imminence du) Brexit joue un rôle crucial à cet égard. La réintroduction de contrôles à la frontière belgo-britannique ainsi que l’impact sur le sentiment de sécurité de la population face à des groupes de transmigrants qui tentent encore de rejoindre le Royaume-Uni avant le Brexit, sont quelques exemples de défis qui sont une conséquence directe du Brexit (ou de la perspective du Brexit). Afin de maîtriser les flux de transmigrants, le nombre de contrôles et le nombre d’opérations à grande échelle ont considérablement augmenté au cours de l’année écoulée. Les actions périodiques le long des parkings autoroutiers et la vaste opération visant à évacuer la gare de Bruxelles-Nord, sont les actions les plus visibles qui ont été entreprises avec succès l’année dernière. Je continue également de miser sur la coopération internationale et la concertation afin de démanteler des bandes criminelles impliquées dans le trafic et la traite d’êtres humains. Tant la police fédérale que la police locale sont des partenaires fiables et ils constituent un maillon important de la chaîne de sécurité, dont font également partie l’Office des Étrangers et le Ministère de la Justice.

 

La coopération internationale demeure également importante pour pouvoir s’attaquer à d’autres formes de criminalité. Dans les régions frontalières belgo-néerlandaises, les problèmes les plus visibles à cet égard sont le trafic de drogues, les braquages à l’explosif et les bandes de motards itinérants. Ces formes de criminalité ont toutes été discutées début décembre lors d’une conférence ministérielle belgo-néerlandaise axée sur le thème de la criminalité frontalière. Au cours de cette concertation, des accords ont été conclus pour améliorer l’échange d’informations à l’avenir.

 

Respect envers les services de sécurité et de secours

Le personnel des services de sécurité et de secours s’investissent au quotidien pour rendre notre vie et notre société plus sûres et meilleures et ce, en dépit parfois des risques pour leur propre sécurité. À cet égard, l’année dernière a de nouveau été une année très mouvementée. Lors d’un contrôle de routine à Liège, un policier a été abattu. A Beringen, deux pompiers ont perdu la vie dans un violent incendie et à divers endroits, des pompiers sont confrontés à des actes d’agression.

 

La violence à l’encontre du personnel des services de sécurité et de secours – praticiens de l’art infirmier, médecins, pompiers, policiers, … - est une manifestation du niveau le plus bas du comportement humain. Ces personnes doivent être en mesure de faire leur travail en toute sécurité et méritent d’être appréciées et respectées pour ce qu’elles sont et ce qu’elles font. C’est pourquoi je continue de plaider en faveur d’une tolérance zéro pour toute violence commise à l’égard du personnel des services de sécurité et de secours. Une partie de la formation des pompiers sera d’ailleurs consacrée au comportement à adopter en cas d’agression. Une campagne de communication sera également lancée. Un nouvel arrêté royal a en outre été adopté, lequel prévoit un meilleur remboursement des frais médicaux pour le personnel des services de sécurité et de secours. Depuis le 1er juillet, une correction salariale est également prévue au niveau sectoriel pour le cadre de base et le cadre moyen, de même que des avantages supplémentaires pour la police. Toutes ces mesures visent à maintenir l’attractivité du métier de policier.

 

Importance accordée à l’innovation et à la modernisation

 

Les défis en matière de sécurité changent à la fois au niveau de la forme et de leur complexité. De nouvelles formes de (cyber)criminalité font leur apparition grâce à l’Internet et la digitalisation tandis que les formes de criminalité existantes, telles que les cambriolages à domicile, persistent. Nos services de police sont par conséquent constamment à la recherche de bons éléments et les profils recherchés ne sont donc jamais les mêmes. L’importance de ces « nouveaux profils » a été récemment démontrée par la cyberattaque belge lancée contre les canaux de propagande et de communication du groupe terroriste Daesh.

La police doit être un employeur compétitif et attrayant qui offre une formation de qualité, un bon salaire, le tout dans le cadre d’un statut moderne. C’est pourquoi, au cours de l’année écoulée, nous avons continué à travailler à la modernisation du statut de la police et à rendre les processus de recrutement plus efficaces. Les services de sécurité doivent également continuer à miser sur l’innovation, la recherche et le développement afin de s’attaquer le plus efficacement possible aux anciennes et nouvelles formes de criminalité. Une utilisation plus poussée et plus large de drones et de scanners, un échange de données plus fluide entre partenaires, le lancement d’une application Smartphone afin de rendre les interventions policières plus efficaces et l’activation de Réseaux d’Information de Quartier (RIQ), organe de collaboration entre les citoyens et les services de sécurité, sont autant d’initiatives qui doivent nous permettre d’intervenir de manière adéquate et ciblée.

Les centrales d’urgence continueront également à être modernisées. Il y aura une introduction généralisée de la technologie IVR pour les numéros d’appel d’urgence après que les tests ont montré qu’elle entraînera des gains d’efficacité significatifs. En 2020, une infrastructure supraprovinciale sera également mise en place pour que les centrales d’urgence n’opèrent plus de manière isolée. Chaque centrale d’urgence aura ainsi un aperçu des ressources disponibles au-delà des frontières provinciales.

En plus de ce déploiement opérationnel, il est important de continuer à sensibiliser le public au moyen de campagnes de sensibilisation. Cette année par exemple, une campagne contre les cambriolages dans les habitations a été lancée et le Service public fédéral Intérieur continue à porter une grande attention à divers aspects de la sécurité, dont entre autres la prévention des incendies.

Assurer l’équilibre entre contrôle et protection de la vie privée

La digitalisation et l’Internet offrent de nombreuses nouvelles possibilités mais soulèvent également de nouvelles questions. L’une des questions les plus importantes est de savoir comment trouver le juste équilibre entre contrôle, protection de la vie privée et droits de l’homme. Il s’agit en l’occurrence de l’utilisation d’applications telles que les caméras intelligentes, les bodycams, les applications de reconnaissance faciale, la carte d’identité électronique et le contrôle de données de passagers.

En ce qui concerne ce dernier point, le nouveau service créé au sein du Centre de crise fédéral, à savoir le BelPIU ou l’Unité belge d’information des passagers, accomplit un travail impressionnant. Le service recueille et traite les données de passagers qui utilisent un moyen de transport international à destination ou en provenance de la Belgique. Ce service nous aide beaucoup dans la lutte contre le terrorisme et la grande criminalité. Rien que cette année, ce contrôle systématique a permis d’intercepter 100 personnes dans le cadre de la lutte contre le terrorisme et d’arrêter 120 autres personnes dans le cadre de la traite d’êtres humains. L’accent est actuellement mis sur le contrôle dans les aéroports mais nous élargissons le champ d’application aux transports en bus et en train.

Une empreinte digitale sera bientôt ajoutée à la carte d’identité belge. Outre le fait qu’il s’agit d’une obligation européenne, les criminels auront ainsi plus difficile à falsifier ou à utiliser abusivement des données d’identité.

 

 


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